Comment Jack MA est devenu une icône pour une toute nouvelle génération de startups en Chine ?

Longtemps avant qu’il ne devienne l’une des plus grandes figures du business en Chine, Jack MA était un simple prof d’anglais qui tentait de convaincre ses amis qu’ils pourraient un jour faire leurs achats sur le net.

C’était un visionnaire, et son idée va littéralement changer l’avenir de la Chine. A 54 ans, alors qu’il s’apprête à quitter la direction de Alibaba Group Ltd. (un site de vente en ligne), Jack MA va probablement laisser derrière lui un héritage qui profitera longtemps à son pays.

Il réussit à démontrer qu’une entreprise privée innovante pouvait se frayer un chemin et percer au sein d’un régime communiste, longtemps hostile et encore aujourd’hui méfiant de l’ambition et de la poussée du capitalisme. Son succès remarquable a aidé à créer une réelle industrie technologique qui rivaliserait même avec la célèbre Silicon Valley, propulsant l’économie chinoise à tel point qu’elle pourrait même éclipser celle des Etats Unis. MA est aujourd’hui l’une des personnalités les plus riche en Chine, valant plus de 40 milliards de dollars, et en tête d’affiche des plus grands forums économiques au monde comme le forum de Davos à Genève. Comment a-t-il pu réussir en Chine ? Simplement en se soumettant (et même en défendant et en louant publiquement ses mérites) au parti unique Communiste, même si celui-ci exerce un contrôle sévère sur les divers medias ainsi qu’internet. Sa démarche a ainsi prouvé qu’une entreprise privée florissante pouvait coexister avec le régime Communiste, pavant ainsi le chemin pour de nombreuses jeunes startups.

L’histoire de Jack MA est aujourd’hui devenue une légende. Né en 1964 à Hangzhou, une ancienne capitale, connue pour ses sites historiques et la beauté de ses paysages, il apprit l’anglais en côtoyant les touristes du plus grand hôtel de sa ville natale.

Après avoir enseigné l’anglais quelques années, MA se tourne vers le monde des affaires et fonde, en 1999, avec 17 associés, Alibaba.com. Jusqu’à aujourd’hui, il ne se revendique pas comme le plus averti des entrepreneurs ni comme le plus intelligent, mais assure que c’est en alliant les visions novatrices de tous ses associés et employés qu’il réussit à affronter la concurrence étrangère et à moderniser l’économie chinoise. « Il est plus facile de gagner quand vous avez dans votre équipe des personnes qui apportent différentes perspectives à votre démarche » déclare MA lors d’un forum. Alibaba a réussi à implanter l’e-commerce dans des villages isolés de la chine mais a aussi étendu son activité à l’intelligence artificielle et même à l’industrie du film à Hollywood. 20 ans après sa création, Alibaba est aujourd’hui estimée à 420 milliards de dollars, plus que toutes les autres entreprises étatiques du pays.

Mais ce fut l’entrée en bourse fracassante de l’entreprise qui va changer à jamais le cours de l’industrie technologique en Chine. MA et son équipe ont atteint les 20 milliards de dollars, montant qu’aucune autre entreprise n’a jamais pu atteindre, ce qui en passant a ouvert la voie à pas mal d’autres entreprises comme le fabricant de smartphones Xiaomi Corp. ou le leader des services de transport Uber Technologie Inc. Malheureusement, chaque médaille a son revers. Etant une personnalité importante, Jack MA se voit parfois obligé de prendre parti sur des sujets d’actualité comme la pollution dans son pays qu’il a sévèrement critiquée. Mais il a rapidement été rappelé à l’ordre par les dirigeants Chinois. L’actuel Président Xi Jinping l’a forcé à faire taire son indépendance, l’obligeant même à défendre le gouvernement contre ses détracteurs.« Facebook et ce genre de compagnies, si elles veulent venir s’installer ici, elles se devront de suivre les règles et les lois en vigueur. » déclare-t-il en décembre. « En ce qui concerne Google, ils sont partis, on ne les a pas renvoyés. Quand on veut faire du business dans un pays étranger, on se doit de suivre les règles ». En contrepartie, le gouvernement chinois récompense la fidélité de MA en interdisant à certaines compagnies étrangères de s’installer en Chine, écrasant et éliminant ainsi toute concurrence. Pour exemple, Facebook et Twitter Inc. sont interdits en Chine.

Durant la révolution culturelle, il n’y avait pas d’entreprenariat en Chine, c’était interdit. Finalement, Jack MA représente le premier d’une nouvelle génération d’entrepreneurs internationaux dans son pays.